vendredi 6 mai 2011

De l'art du bon spew des familles

Cela faisait maintenant presque deux mois que ce blog était au point mort, faute à la fin de l'année universitaire (donc des exams, pénitence de l'étudiant) conjuguée à la flemme et surtout à ma grande capacité à ne jamais finir ce que je commence.

Comme vous l'aurez compris à la lecture de cet article, je vais essayer de traiter du spew, du gaspillage quoi, enfin du foutage en l'air de d'énormes stacks montés en tournois, chose pour laquelle, je crois, suis spécialiste.

Je n'arrive pas à déceler ce qui coince dans mon jeu de tournoi, car j'arrive à monter des stacks parfois au triple de l'average à l'approche de la bulle, puis sur un ou deux coups, pfiout, mes jetons disparaissent comme par magie. J'ai certainement d'énormes leaks en late game (sur le changement de vitesse notamment), et je vais donc essayer de vous exposer ceci.

De deux choses l'une, pour que les choses soient claires, même si ce sont peut être des grosses erreurs. Je ne joue jamais les places payées ou/et les paliers de paiement dans un tournoi, je vise la gagne, sinon rien, sauf peut être dans les tournois ayant un droit d'entrée plus élevés ou les tournois avec un prizepool énorme. Par conséquent, cela ne me dérange en aucun cas de me mettre dans des situations où j'aurais seulement 60% de chances de gagner.

Je joue la plupart du temps sur Winamax, et je privilégie les structures deepstack (en 6-handed si possible, parce que c'est les nuts) que le site propose : 20.000 jetons de départ, rounds de 10 minutes. Les droits d'entrées de tournoi allant de 10 à 100 euros, selon les tickets que j'arrive à ship, et les Sit & Goes Heads-up couvrant généralement mes frais.

Il m'arrive très rarement de sauter en début de tournoi, même si je rentre dans les 3/4 des coups. La plupart des joueurs ayant des tendances agressives se rapprochant de celle des huitres (limp, call, check, check, check, minbet river, minraise), cela permet d'entrer dans pas mal de coups à moindre frais, du fait de la profondeur de départ. En me créant ainsi une image complètement affreuse et assez énervante, j'ai rarement du mal ensuite à tirer une value maximum de mes énormes mains Comme je l'ai expliqué ci-dessus, gambler certains gros pots dans des situations ou il est clair que je ne suis pas favori à 80% ne me dérange pas.

Tout ceci conjugué, me permets assez souvent de monter des stacks énormes assez rapidement, mais de les perdre tout aussi vite. Sachez que s'il s'agit de bad beats, ça n'est absolument pas dans l'optique de whine, tout simplement, ou de me faire dire que je n'ai rien à me reprocher. Ce que j'attends de toi, ô lecteur, c'est de souligner mes affreux leaks en late-game qui me font défaut. J'ai trois exemples en tête, dont deux assez récents :

- Il y a un petit mois. 20€ deepstack 6-handed de 20h15 - L'Afterwork. Après un énorme coup en m'étant fait payer ultra light quand j'avais flush par mon adversaire alors que nous étions deep, je me retrouve à 200 left énorme chipleader en jetons, avec quasiment 4 fois l'average. Je dois avoir 260k à ce moment là. Le tournoi ayant rassemblé un peu plus de 800 joueurs, quelque chose comme 90 joueurs seront payés.
Je vais d'abord perdre un pot de 80k en bataille de blindes avec 88 vs A4, puis je vais continuer à grinder doucement sans prendre trop de risque, profitant de mon énorme tapis à laquelle s'ajoute l'image de dégen que j'avais cultivée à la table.
Nous sommes 120 joueurs restants, plus ou moins, je ne suis plus chipleader depuis une vingtaine de minutes, et tiens, justement, le chipleader arrive à ma table, deux crans à ma droite. Comme nous sommes en 6-handed, il sera au bouton quand je serai en grosse blinde. J'ai quelque chose comme 245k et lui 380k. Nous commençons doucement à nous titiller à base de je te 3bette et tu me 4bettes. Puis je reçois les flèches en grosse blinde, justement. Je salive déjà du 3bet que je vais lui mettre. Comme prévu, il relance, puis je 3bet, sauf que s'enchaîneront en l'espace de 30 secondes 4bet, 5bet, 6bet-all in (on était assez deep tous les deux, oui). Il me montrera les rois, et je sortirais à l'apparition d'un roi au flop. Sick, mais inévitable effectivement, à sa place j'aurais fait exactement la même chose, dans les deux cas c'est un bad beat, je pense. Frustrant, that's it, et pas grand chose à dire, je sais. Mais cela n'est en fait que le prélude au tournoi qui suit.
En effet, consécutivement, je monte un autre énorme stack sur l'Xtra (10€ deepstack en full handed, 15K€ garantis), j'ai quelque chose comme 145k (top 20 alors qu'il reste 300 joueurs sur 1700 au départ) pour un average qui s'approche des 60k (sur ce tournoi tous les joueurs commencent avec 10.000 jetons). Nous sommes en full-ring, et je martyrise la table. Un joueur avec un énorme tapis (200k) arrive à la table, à cinq positions de la mienne. Je ralentis l'action, lui laissant prendre des pots aussi, n'ayant pas encore envie d'une énorme confrontation comme sur l'autre tournoi. En middle-position, je lève Js8s, et relance 2,5BB (blindes 750/1500 ante 25), comme d'habitude, et le gros vilain défend en SB. Le flop viendra Jh10s9s, et il insta push all-in pour un poil plus de 200k, dans un pot qui faisait 8BB, à tout casser. Bon effectivement, j'ai encore 140k, mais vu l'énorme double draw que j'ai, je n'ai pu me résoudre à fold. Il montrera Ks5s, et après une brique turn, la dame de trèfle viendra réduire mes espoirs à néant. Vous auriez call? C'est du spew? Vaut-il mieux attendre un spot ev+? Je me pose encore la question.

- Main-Event. 150€ de droit d'entrée que j'ai gagné via un satellite, Full Ring, 20.000 jetons de départ. Je monte un stack à 200k et perdrais le tout sur un banal coin-flip AQs vs 99. Débile?

- Wina séries, 10R en 6-handed. 100 joueurs left, je suis ITM et lève QQ. J'ai 100k et suis à l'average. Après un 3bet, 4bet, all-in. Je perdrais vs AKs.
Le lendemain, Wina séries encore, 50€ 6-handed en deepstack. Je monte un stack de 160k (l'average est à 120k, plus ou moins) en profitant de mes trois premières tables qui sont ultra weak (et d'un brelan de 3 floppé contre une overpaire pour un énorme pot, et d'un autre setup cool AA vs QQ). Je suis changé de table, juste avant les places payées, avec 4 joueurs ayant des tapis supérieurs à 200k. Et je commencerait par un 4bet en bataille de blindes avec deux croutes que je montrerais à la table, histoire de bien montrer que je ne me laisserais pas faire.
Voici la main qui va sceller mon tournoi.


J'ai encore énormément d'exemples, où j'ai été bien plus "spewy", mais je crois qu'on a toujours tendance à oublier ceux-ci. Des petits conseils pour le jeu en late-game??

C'est tout pour aujourd'hui.

Pokéristiquement votre

BluffDaddy

lundi 21 mars 2011

Chics Types

Si ma motivation est revenue, que ce soit pour jouer correctement (jouer un poker vraiment gagnant, je m'entends), ou que ce soit pour écrire, je le dois grandement à deux personnes. En effet, depuis décembre, je dois avouer que c'est grâce à deux chics types (ou deux cheap types, à vous de voir), Scalp et Tigger. J'utilise ici volontairement leurs pseudos afin d'éviter toute poursuite judiciaire.

Comme vous avez pu le remarquer, l'intitulé du blog a changé, l'assez classique "Errances d'un fish parmi tant d'autres" étant désormais remplacé par le bien plus accrocheur "In Odds We Trust". Cette invention drolatique est issue de l'imagination d'un de mes deux compères, Tigger, et je l'en remercie.

Les heures passées autour de nombreux cafés belges à discuter technique, les conversations sur Skype jusqu'au bout de la nuit, et les soirées à gambler côte à côte, m'ont tout simplement donné goût à une vraie remise en question sur mon jeu. Mon poker de tournoi gagnant (mais pourtant très classique), sur les sites en .com, a, je crois, laissé place à un poker plus inventif et efficace. Il fait ma fierté aujourd'hui, même si je sais que les hautes limites sont encore loin, et ça, je le dois en grande partie à ces deux chics types. Laissez-moi vous les présenter brièvement.

Tigger, est une personne, dans la vie de tous les jours, qui vit pour le jeu de mot (pourri, soyons clair) et pour que le bon mot embellisse votre quotidien. Généreux, humble et capable d'une auto-dérision à faire pâlir Desproges, il vous est impossible de ne pas l'apprécier preflop (je trouvais que ça collait bien, entendez aux premiers abords, pour ceux qui n'ont pas saisi). Brillant étudiant, il est en passe de devenir Docteur, même si pour le moment, il est techniquement chômeur.
C'est le seul de nous trois à avoir une ligne HendonMob, cela gage de la solidité de son poker de tournoi. Malheureusement pour lui et sa pension de chômeur, il n'est pas adepte du grind online, et ce malgré ses capacités étonnantes à gagner de nombreuses fois des freeroll sur Winamax.
Point fort : capable de vous faire folder la meilleure main dans une bataille de blindes, tellement vous crevez de rire, grâce à une métaphore filée sur ses relations intimes avec votre propre mère.
Point faible : éternel grognon à une table quand un joueur lui colle une horreur, il est capable de se gâcher une session tout seul.

Scalp, quant à lui, est certainement le plus expérimenté de nous trois en ce qui concerne le poker. J'ai toujours eu tendance à penser que notre poker nous ressemble, et ce vieux fish rentre bien dans le (et la) moule. Scalp est une personne intelligente, qui en a clairement sous le pied, que ce soit pour le poker et dans la vie de tous les jours. Son avantage sur toutes les personnes dans son cas, c'est qu'il le sait (il me dira si je me trompe). Pour les personnes comme lui, un coup d'accélérateur suffit.
Dans la vie comme au poker, il choisit les bons spots, et sait les exploiter au maximum. C'est le genre de mec qui sort la bonne vanne, au bon moment, ou qui place le bon 5bet-shove des familles à faire pâlir Tom Dwan (en plus c'est pile quand tu tentes un move avec 83offsuit).
Si je ne m'abuse, il aurait accumulé quasiment 30K$ de gains du temps du .com sur Pokerstars, notamment en tournoi. Cependant, depuis l'ARJEL, il semblerait que Scalp ait eu une difficulté toute particulière à s'adapter aux rooms et aux fields en tournoi. La réduction du nombre d'entrants et donc des prizepools, conjuguée à la baisse conséquente du niveau semble ne pas lui convenir et lui enlever, ce qui, à mon sens, est la seule chose qui lui manque : l'envie. Il a cependant montré toute l'étendue de son talent en gagnant plus de 3K€ sur un freezout à 10€ de Buy-in sur Pokerstars.fr. Un coup d'accélérateur, voilà tout.
Point fort : lectures affutées, et grosse connaissance des mécanismes stratégiques gagnants en tournoi, il est capable de monter des stacks énormes tout en étant card dead.
Point faible : ne passe jamais ses flips, ni ses 70/30 d'ailleurs. Whineur dans l'absolu, il aime à se plaindre de son bad run permanent. Cela a développé chez lui une grosse tendance à spew.

Tout ça pour vous dire, et vous faire partager ce qui à mon sens, est plus qu'important au poker, comme dans n'importe quelle discipline : partager. Même si par essence c'est un jeu très égoïste, le partage aves les autres et la synergie qui se dégage d'une session commentée par un regard amical et critique font progresser plus que n'importe quelle autre manière de jouer. Dans le poker, les self made men n'existent pas. Essayez donc d'aller à la Bobby's Room tous les soirs pendant un an, je doute que ça vous fasse autant progresser que de parler technique avec un/des pote(s) qui jouent correctement.

C'est tout pour aujourd'hui.
Pokeristiquement votre.

BluffDaddy

mercredi 16 mars 2011

Velléitaire

"Arrête d'être dans le fantasme". Dur mais franc, tel est mon paternel. Il m'a rabâché des années durant avec cette rengaine d'arrêter d'être velléitaire et de rêver ma vie, mais il voulait surtout que je me remue le cul, tout simplement.

Cette phrase est devenue malgré moi, certainement inconsciemment (désir refoulé de vengeance freudienne envers ses parents, ou un truc comme ça je crois), une sorte d'art de vivre. Je fais des choses qui m'intéressent, puis les abandonne très vite. J'ai envie de faire plein de choses, mais je choisis de ne rien faire et de continuer à fantasmer que je pourrais faire, et en plus de belle manière, ces milliers de choses.

Comme je suis perspicace et que j'ai encore ce vieux réflexe étudiant qu'est de placer une digression débile en plein milieu d'une dissertation (c'est un peu comme placer un 4bet dans le bon timing en fait, le correcteur n'y voit que du feu), j'ai donc choisi de citer F.Dard : "L'homme est empêtré dans ses fantasmes comme des spaghettis dans du parmesan fondu." Tiré de : La psychologie pour les nouilles. Non, je déconne ! Juste pour le titre du bouquin, l'auteur existe, même s'il a un nom de famille un peu dur (enfin ça dépend). Pour en revenir à cette sublime citation, c'est évident que c'est mon cas, mais ça va, je ne suis pas si mal à nager dans mon parmesan, même que j'aime ça.

Trèves de plaisanteries, revenons à nos moutons.

En fait les choses que j'ai envie de faire, bah c'est comme ce blog. J'avais bien commencé, écrit trois quatre articles puis basta, zou, pfiou, terminé.

Par contre le poker, je n'ai pas arrêté d'y jouer. Il s'est insidieusement calé dans mon quotidien au même titre que la clope, le café, où le joint se calent dans celui des autres. Mais bon, ça y'est, je me remet à écrire ce blog, et pour de bon !

J'ai mis un point d'honneur à faire du neuf sur ce blog pour qu'il ressemble à quelque chose et que cela me motive, j'espère que cela vous plaira. Ce blog est donc nouveau, un néo-blog dans le blog, en quelque sorte. J'ai pas mal hésité à virer les anciens articles, mais finalement, je les garde. Je présente d'avance toutes mes confuses à Stefal, il est vrai que la ressemblance de nos deux arrière-plans est frappante mais c'est involontaire (que voulez-vous, le Padawan copie toujours le Jedi).

Je continue pourtant à lire avec soin les blogs poker des tout meilleurs (Another K, Benjo, Rincevent, D8, Stefal, Xewod, Eiffel, Raoul... pardon si j'en oublie et RIP Celtic), et surtout à prendre encore plus de soin à ne jamais commenter les articles, même ceux que j'ai grandement apprécié. Telle la tique qui ne dira jamais "merci mon chien" à son hôte, me direz vous. C'est pourquoi désormais je mettrai aussi un point d'honneur à prendre le temps de commenter vos blogs !

D'un point de vue pokéristique, je dois avouer que ces derniers mois ont été riches en émotions. J'ai mis sur le bandeau de droite du blog toutes les tables finales auxquelles j'ai participé depuis décembre dernier sur le soft de Winamax. Elles sont vraiment, à mon sens, synonymes que j'ai effectué le franchissement d'un immense palier au niveau de mon poker.

En effet, mis à part le fait que j'ai énormément travaillé sur mes faiblesses techniques, je n'ai plus peur du tout et de tout. Des autres, des bads beats, de perdre sur un de mes moves foireux dont moi seul ai le secret, de l'argent et des chinois du FBI. Je crois sincèrement que d'avoir une confiance absolue en son jeu (sans pour autant oublier d'avoir un regard critique sur ses moves foireux, cf ci-dessus) est la seule et unique clé pour avant tout être un joueur gagnant, pour progresser et pour vaincre le cycle infernal du bad run.

Je reviendrai très prochainement par le biais d'un bilan sur ces quatre derniers mois, et aussi sur certains de ces tournois dans un article futur, car j'ai conservé les historiques de jeu afin de vous les faire partager et que vous me donniez vos avis. J'ai aussi pour idée d'écrire un article sur les heads-up, variante à laquelle je m'adonne avec pas mal de réussite depuis décembre.

C'est tout pour aujourd'hui !

Pokéristiquement

BluffDaddy

mardi 23 mars 2010

Pas le choix dans la date


J’en conviens, choisir pour titre cette contrepèterie belge pourra vous interroger mais aucune autre maxime n’aurait pu mieux illustrer le dilemme auquel je suis confronté.


Avant de m’expliquer plus longuement sur le choix cornélien que je dois faire, je vous annonce la création d’une nouvelle rubrique sur ce blog, qui agrémentera chaque article : la « rubriqu’en vrac ». En vrac, mais pourquoi ? Mais parce que j’ai la fâcheuse tendance à utiliser ce terme particulièrement souvent, notamment pour trier mes fichiers inclassables dans mon pc dans un dossier « en vrac » ou encore pour ranger mes affaires, j’ai toujours eu des « boîtes-à-vrac ». Cette rubrique me permettra de ranger tout et rien et réciproquement, sans avoir à le structurer ni le justifier. On y trouvera 3 sous-rubriques : people, perso et Bonus bad beat(s).

Parenthèse terminée, je vous contais dans mon précédent billet que j’avais réussi à gérer ma qualification pour les demies-finales de l’EPEC sur Everest grâce au freeroll organisé par l’Ecole française de Poker. Ma qualification s’est effectuée sans peine, la structure étant super lente j’ai pu me mettre en sit out pendant la (mortelle) première heure, l’heure pendant laquelle les cadavres encore fumants et agonisants des bons joueurs gisent dans tous les coins de la room, vidés de tous leurs jetons par d’immondes fishs jouant au concours du « tiens qui va mettre la plus belle horreur ce soir », ou encore « j’arrive pas à lâcher ma paire de 3 sur un flop AK10 et je fais full backdoor quand t’as floppé ta suite en poussant à tapis au flop, on sait jamais». Voilà pourquoi j'évite cette première heure quand la structure le permet.

Ensuite, j’ai réussi à arriver sans trop de peine à la bulle en gérant mon stack, ayant triplé mon tapis au tout début de tournoi avec un full aux valets contre une quinte et une couleur. Je sortirais dans les 30 derniers en me faisant craquer les dames par une paire de sept qui fera couleur backdoor. Peu importe, j’étais qualifié pour les demies-finales à Paris et j’allais pouvoir rencontrer Saoût, Fabsoul dont je suis un grand fan et François Montmirel entre autres !

Et bien samedi 13 Mars (le soir même de mon dernier article), je réussissais à décrocher aussi ma qualification pour le quart de finale live à Bordeaux de la Poker.fr Cup en partenariat avec Betclic grâce au freeroll de Pokernews qui offrait gracieusement 5 places pour 150 et quelques inscrits. Pour l’anecdote, j’ai découvert la veille en lisant les vieux articles de Stefal qu’il y avait une étape près de chez moi (merci beaucoup, au passage). Je m’inscris donc pour le freeroll, qui s’avère être l’avant-dernier permettant de s’y qualifier. Sans entrer dans les détails, j’ai gagné le freeroll, eu beaucoup de bonnes rencontres et surtout pas de suckout, et donc cho/shippé mon ticket pour le tournoi live de Samedi 21 Mars à Bordeaux.

Ainsi, avant-hier, je me pointe donc bon pied bon oeil de bon matin pour jouer ce tournoi. Je ne me refuse jamais un live, j’adore ça et j’espère le niveau relevé. Pour info, 100 joueurs sont sensés être présents et seuls 10 seront qualifiés pour la finale régionale (qui a lieu dimanche prochain à Toulouse). J’enfile lunettes de soleil, sweat à capuche et grille une dernière cigarette : me voici paré pour ce tournoi. J’ai aussi emporté de quoi prendre des notes.

Premier bon point, on commence à l’heure, second, les tables et l'endroit sont magnifiques (mais vraiment sublîmes je vous assure), troisième, les organisateurs sont super pros et dispos, quatrième, l’ambiance est ultra détendue. Par contre, comme je suis râleur, je soulignerais le fait que la structure était assez trompeuse (un faux deepstack) : on partira avec 5000 jetons, blinds 25/25 puis elles doubleront toutes les 20 puis 25 minutes (penser 25/50, 50/100, 100/200, 200/400, 300/600).

Comme nous devions prendre la distribution à notre compte, cela nous fera perdre énormément de temps. Comme j’avais pas mal de joueurs issus d’internet à ma table, je prendrais rapidement le rôle de dealer (j’aurais donc pris très peu de notes).

En ce qui concerne le jeu, j’ai décidé de jouer small ball, comme d’habitude, de ne pas essayer de m’impliquer dans de gros pots et de monter mon stack doucement mais sûrement (au fait, merci Power Poker, une tuerie ce bouquin, je ferais un résumé de ce livre sur un article prochainement).

Ma table est constituée uniquement d’hommes. J’apprends à ce moment là que nous ne sommes que 78. A ma gauche, une serrure dont le nom de scène est « le boucher », très sympa par ailleurs, j’éviterai soigneusement de jouer contre lui car je l'ai déjà vu sur quelques lives. Ensuite, un mec ultra aggro que j’aurais très longtemps à ma table, on l’appellera Kojack parce qu’il sortira trois joueurs avec KJ de manière horriblissîme. A ma gauche, trois vilains super tights et passifs qu’on appellera simplement « vilains ». En face de moi, deux joueurs issus d’internet très gentils mais savant à peine distribuer les cartes, que j’appellerai « geeks » (je sais, c’est pas gentil, mais brûler trois cartes pour poser le flop c’est pas commun, ni de distribuer deux cartes par deux cartes à chacun d’ailleurs).

Je perdrai rapidement presque 1/5 de mon stack sur la troisième main avec JJ. Kojack relance à 3.5BB au bouton sur ma BB. Au lieu de juste payer, je ferais stupidement un 3bet qui sera callé instantanément. JJ ne touchera pas le flop AQ4, et je me couchera sur la mise de Monsieur qui fera un donkbet à tapis (pour info, Monsieur me montrera AQ). Deux mains plus tard, on entendra les premiers applaudissements pour le premier sortant qui se fera craquer les rois par les valets.

Quelques coups plus tard, je relancerai en middle position avec QJ dépareillé à 2,5BB, relance qui sera payée quatre fois. Le magnifique flop 8910 avec deux trèfles sera relancé par geek premier de parole à 250 que je relancerai à 1000 (pas de control pot pour toucher sa flush ou je ne sais quoi). J’agresserai un peu mon adversaire en disant « c’est un peu cher pour un tirage couleur hein ?? ». Il finira par payer (avec le tirage couleur, me dira-t’il). La turn, une dame de carreau, m’amènera à pousser tapis (il me restait 2800 et quelques, et il y avait quasiment 3600 au pot), en priant que geek n’aie pas KJ. Il foldera rapidement, marmonnant « je peux pas payer maintenant, pourtant je la sens cette main ». Entre parenthèses, un beau concept à développer, le fait de sentir sa main, non ? (tiens, roquefort celle-là !!).

Ensuite, ça a été le désert de cartes pendant presque deux heures, cependant ça a été un vrai régal de jouer à cette table. Je suis respecté et j’en profite pas mal. Les joueurs s’entretuent et Kojack colle badbeat sur badbeat (KJ vs AA, KJ vs QQ...) et se construit un stack énorme qui me fait saliver. Je toucherais deux fois AK et mes CB passeront au flop, je montrerais mes mains à chaque fois. Il y a déjà pas mal de sortants. Ensuite, je monterais mon stack sur des vols en position et des pots multiways. A la pause déjeuner, je suis à 12k sans avoir joué de gros coups sauf au début. Pour info, les blindes sont à 200-400 avec un average à 7,5k et il reste une soixantaine de joueurs.

Juste avant la pause, je me prendrais un peu le bec avec Kojack et devrais appeller le Tournament Director. Il faut savoir que le coup d’avant, il retournera ses cartes sur une des mes relances alors que la grosse blinde n’avait pas parlé, ce qui m’avait déjà échaudé. Pour notre dispute, il s’agissait d’un coup où jétais premier de parole contre un short au flop. A ce moment là, le short stack annonce tapis sans que ça soit son tour de parole. J’affirme qu’il a perdu son droit de parole, que cela vaut check, et que ça me laissera voir la turn gratuitement. Kojack, absolument pas dans le coup, m’arrête et me dit « mais non, les règles Interrrrrrrnationales disent qu’il a droit de faire ça, c’est de l’intimidation, il a le droit, gnagnagna, je suis croupier, je le sais » de manière super agressive. J’appelle le TD, qui me donnera raison, et clouera le bec à Kojack, qui grommelera jusqu’à la pause.

De retour après la (courte) pause déjeuner, les deux joueurs à ma gauche, les plus actifs, (le boucher et Kojack) sont absents. Sur deux orbites, je martyserais la table en volant 3 fois sur 4 les blindes. Quand ils reviendront, je suis presque à 16k. Je vais ensuite sortir deux des vilains à ma droite avec une paire de 10 et AK, et monterais à 20/22k. Il doit rester une cinquantaine de joueurs à ce moment là et je suis vraiment bien. Malheureusement, de nouveaux joueurs arrivent à notre table et la dynamique va totalement changer. Un mec totalement en tilt va pousser tapis 4 fois de suite et passer de 2k à 18k en mettant 3 horreurs. (J9 vs QQ et 96 vs AK de mémoire). Ensuite, les relances vont devenir très très chères et aller voir un flop avec un broadway ou une petite paire deviendra du suicide. Les éliminations s’enchaînent super rapidement, mais je maintiens le nez au-dessus de la ligne de flottaison, en agressant notamment Kojack sur toutes ses grosses blindes.

Je vais donc me maintenir aux environs de 20k jusqu’à ce qu’il ne reste plus que trois tables. Juste avant que notre table splitte, je vais passer un bluff monstrueux avec 910s et faire coucher ses valets preflop à un joueur ultra-serré. J’ai vraiment joué à l’intox en le fixant très longtemps avant d’annoncer ma relance et le 4better en lui disant « un peu light les valets pour aller voir un flop là ». Il a pris deux bonnes minutes avant de coucher et il sortira deux mains plus tard, complètement en tilt (je pense que je n’aurais pas dû lui montrer ma main).

Les demies-finales vont arriver très très vite, ça fait moins de 3 heures que l’on joue depuis la pause déjeuner, et les shorts tombent comme des mouches. Je me maintiens à 25/30k. Les blindes sont à 800/1600 lorsque nous sommes à la bulle et tout le monde serre les fesses. Je vais passer un bluff avec A-high en deux barrels sur un flop hyper dry, ce qui va me donner un peu d’air. Je ferais ensuite sauter la bulle en bataille de blindes quand la petite blinde (un mec qui avait fait un joli NYBR avec les as) fera un just call. Je retourne les 10 et ferais un 3bet pour info, il poussera tapis pour moins d’un tiers du mien. Je paierai et me retrouverai face à KJ. L’apparition d’un 10 au flop réglera l’affaire (d'ailleurs je n'ai pas saisi son move...). Nous étions donc qualifiés pour la finale régionale à Toulouse qui a lieu dimanche qui vient.

La table finale fut anecdotique, tout du moins pour moi. Sur la première main, l’énorme chipleader paye un short avec 73 et craque ses valets en faisant quinte. Il prétexte en avoir marre, mais je trouve ça limite. Je lui dit que ça n’est pas sport et que même s’il n’y a rien à gagner il me semble plus marrant de jouer correctement. Je suis environ à 45k et la moyenne est à 30k ou quelque chose comme ça, avec des blindes à 1000/2000.

Je retourne AK et relance à tapis le 3bet du chipleader qui me paiera avec Q4. (...WTFF???...) Le flop apportera une dame et un 4. (P****¨ù$$ù%ùù) Un maigre tirage quinte me redonnera de l’espoir au turn mais un deuxième 4 river me clouera sur mon siège (SICK). Je me suis un peu enervé, mais je lui ai dit que c’était bien joué et que j’espèrait l’avoir à ma table à Toulouse pour qu’il me paye avec le même genre de mains. Out 9e donc, mais content. Les organisateurs m’ont même trouvé un surnom, Phil Laak (cf la photo), et j’ai été photographié pour Sud-Ouest (d’ailleurs ils ont exagéré sur le prize-pool).

Donc voilà le dilemme : l’EPEC ou la finale régionale de le Poker.fr Cup ? Pas le choix dans la date. D’un côté la chance de rencontrer des professionnels reconnus, mais peu de chance de gagner un des trois tickets pour la finale aux Canaries (3/405). et de l’autre 1 chance sur 50 de shipper un ticket pour Las Vegas. J’attends vos conseils. En outre, Toulouse est plus prêt de chez moi.



Vrac :

People : Phil Ivey, roi des prop-bets en tout genre, a racheté son pari (d'un million de dollars) de ne pas manger de viande à Dwan pour $150,000. En même temps c’était des Chicken Wings, on le comprend.

Perso : Voilà la situation. Petit Sit&Go 10€ rebuy entre potes (dont une calling station). Nous avons passé la période de Add-on. Je couche J10 en premier de parole. Bataille de blindes entre deux joueurs, qui vont voir un flop pour assez cher. Pour info, le joueur en petite blinde joue un poker très sérieux, assez classique. Il ne bluffe jamais en trois barrels.

Flop : AQ4. Relance au pot, payé par calling station.

Turn A. Relance au pot, idem. River J. Tapis. Payé.

Petite blinde retourne AK, et la BB retourne... JJ. One-outer (j’en avais un). Pan.

Et toi, tu lâches tes valets quand ton adversaire te montre clairement qu’il a touché son brelan d’as ?? Surtout que ça fout une sale ambiance après...


Bonus Bad Beat(s) : Je n’ai pu, ni participer aux tournois de Xewod ni à ceux de DavidLPoker puisque ma connexion miteuse ne permet ni l’accès au réseau d’Unibet, ni l’accès au réseau de Wam. Merci 9 Wifi !

Pokeristiquement,

BluffDaddy

samedi 13 mars 2010

[EDIT] C'est pas parce qu'on a soif d'amour...


Qu'on doit se jeter sur la première gourde venue, disait Pierre Desproges.

Qu'on n'a pas aussi soif d'Evian, de victoires et de packages, dirait notre Xewod national (de Cristalline dirait Guy Roux). Xewod nous y a incité, à nous soûler de poker jusqu'à plus soif, en menant magistralement (de main de maître, que dis-je), un freeroll inter-bloggueurs pour gagner des packages pour l'open d'Evian sur Everest Poker.

Edit : j'avais déjà posté cet article, mais par je ne sais quel miracle, il s'est envolé. Ne l'ayant pas sauvegardé au préalable sur un logiciel de traitement de texte, pensant bêtement qu'il s'auto-sauvegardait sur le blog itself, je l'ai perdu. Je m'excuse d'avance, car ce billet est un peu indigeste, j'ai pas mal de choses à dire après autant d'absence.
Je n'avais pas écrit depuis un certain temps sur le blog car mes études et le poker live avaient pris le pas sur le poker sur internet, logique somme toute. Effectivement, j'organise des tournois dans les bars de Bordeaux (voir le post de Gainternet à ce sujet) deux à trois fois par semaine, et ça me prend pas mal de temps. (au passage, si un bloggueur pose le pied à Bordeaux, je me ferais un plaisir de l'inviter et de lui payer la première bière).


Pour en revenir à Evian, je n'ai pu participer qu'à trois manches sur cinq, dont une (la première) où j'organisais en même temps un tournoi live. Pas évident de jongler entre les deux. Je n'ai pas réussi à accéder à la finale, que de toute manière je n'aurais pas pu jouer. Voici très rapidement le détail de quelques coups clés des trois manches que j'ai jouées. C'est un peu flou, excusez-moi d'avance des imprécisions, mais je devais le faire pour Xewod.

Manche 1 (du lundi) : comme je jonglais entre le tournoi que j'organisais et le tournoi bloggueur, j'ai été très long dans mes prises de décisions et dans mon jeu. Néanmoins, j'ai réussi à constituer un stack correct (10/11k) en imposant mon style très aggro à la table (38/21 vous dira raoulvofoni), en relançant très faiblement beaucoup de coups (4 à 5 fois par orbite à 2,3/2,5BB).
Je prends un mur (c'est ça aussi de jouer aggro), en faisant brelan avec ma paire de 7 sur un flop tout trèfle, et j'envoie trois barrels que paiera mon adversaire pour faire quinte runner runner avec A3 (il me dira qu'il avoir voulu check caller 2 fois pour bluffer river).
Je coucherais ensuite une paire de 10 en bataille de blinds (je perdrais 3k), où mon adversaire montre AK (pas envie de jouer un flip).
Peu à peu, je remonte un stack de presque 10k en doublant avec les as et en étant plus sage alors que les blindes et les stacks des concurrents commencent réellement à piquer.
Puis vient le coup fatidique où je sortirais 17e (ou quelque chose comme ça) avec KK contre AQs du chipleader qui touche sa dame au flop puis son as river. Sick.


Manche 2 : celle-ci durera deux orbites pour moi. Le temps de perdre deux fois avec the Big Slick, AK. La première en check-callant 3 fois un flop rainbow avec TPTK sur trois barrels de Stefal qui avait double-paire floppée et la seconde en payant le tapis d'un short qui poussera avec AJ et un deuxième payeur qui m'oblige à compléter en payant avec... Q8 !!
Le flop 694 ne viendra aider personne mais le turn J et la river 8 viendront m'achever. Sick. Out dans les abysses du classement.


Manche 3 : de loin la plus intéressante pour moi, et la plus agréable. Je prendrais un très mauvais départ en perdant la moitié de mon tapis sur un brelan trouvé à la turn avec AQ sur un board KQ2Qx contre le magnifique full aux deux par les dames que Lecorback qu'avait slowplayé. Je vais rapidement doubler et pouvoir recommencer mon agression permanente à la table.

Petite parenthèse, si jamais certains n'ont pas apprécié ma manière de jouer à la table, car je l'ai lu dans le chat, qu'ils sachent que je jouais uniquement pour la gagne et pas pour la finale, car je n'aurais pas pu participer à cette dernière (boulot oblige).
Fish peut être, mais j'aime jouer LAG en tournoi, et ça m'a plutôt bien réussi jusqu'à aujourd'hui, et je pense pouvoir me targuer d'une certaine expérience live et internet. J'aime payer hors côte pour les tirages. J'aime floater et setminer, même cher. Je call un tapis avec middle-pair, même A high si je sens mon adversaire light. Bref, vous l'aurez compris, j'ai horreur de jouer aussi serré que le corset d'une jeune pucelle à la Cour du Roi. Néanmoins, je paye très rarement perdant. J'admets cependant que mon jeu incite à prendre d'affreux bads, car cela excite les adversaires (je l'ai constaté sur le chat d'ailleurs). Voilà, c'est dit, et vous êtes prévenus pour les prochaines manche pour le Cap d'Agde, pas besoin d'affuter vos trackers, je joue loose, aggro et j'aime ça.

Retour au jeu. J'ai monté un stack de quasiment 10k. Je relance 109 offsuit au cutoff je crois, à 2,4/2,5BB, comme d'hab', relancé trois fois et des bananes par Mr4b, relativement short. Vu l'état de son stack et de son jeu relativement tight, je le mets sur JJ+, minimum, mais je penche fort pour AK vu la relance. Les As et Kings m'auraient minraisé ou 4betté, et les AK et autres 3betté. Je call.
Ici, je ne m''attends à rien d'autre qu'à trouver un flop accident ou rien, car je doute fort que l'action aille plus loin que le flop, vu qu'il s'était volontairement commit. De toute manière j'ai trois fois et demi son stack et largement la cote.

Flop 108brique qui me donne top paire, un double tirage, flush et quinte backdoor, j'ouvre un tiers du pot relancé all-in que je call. Je me sais, presque dans tous les cas sauf AK, largement derrière mais ma main bénéficie d'une cote d'amélioration bonne. En outre, je me laisse quelque chose comme 6k derrière, alors que l'average est 5k.
Mr4b retournera QQ et je ferais quinte backdoor. Je sais, c'est moche, mais j'ai payé pour. Et j'ai aussi payé pour prendre un avantage conséquent sur ma table.

Ensuite, je perdrais un bonne partie de mon stack en callant avec mes ladies le tapis d'un joueur ultra actif qui poussera son tapis sur un de mes 3bet avec sa paire de 6. Monsieur aura droit à un sursis en touchant un 6 au board. Je remonterais mon stack peu à peu.
Après ça, j'atteindrais les demies-finales en restant super actif, je veux profiter de l'effet bulle car quasiment aucun des joueurs n'a déjà atteint la finale. Mon stack à l'average fait le yoyo car Habitrouge notamment me punira régulièrement sur mes vols de blindes et antes. Je rejoinsRincevent à la table qui se dira aussi serré qu'une huître radioactive et qui subira comme les autres mes vols intempestifs. J'aurais dû sortir 13e en me fracassant sur les as d'un de mes adversaires ma petite paire (de 3 ou 4) fera un set au flop.
Je finirais donc finalement 12e après une enième relance, je toucherais straight et flush draw sur un flop A 9 5 avec mon 76s à trèfle. Je pousse alors logiquement mon tapis et m'inclinerais devant la paire max floppée d'Habitrouge avec A10 qui fera double-paire au turn. La river ne m'apportera rien de bien.
Je tiens à préciser que j'ai quasiment atteint les 20k aux portes de la finale, peut être que mon move est litigieux et que j'aurais dû resserrer mon jeu à la bulle pour la passer tranquillement, mais je le répète, je jouais pour la gagne et rien d'autre. Au passage, encore merci à Gainternet pour ses encouragements.

Voilà pour Evian, désolé pour les imprécisions, je n'ai plus tout en tête et je n'écris pas du même ordinateur et je n'ai pas le HH. Encore un grand merci à Xewod, qui nous permet désormais d'accrocher des packages sur Unibet pour aller à l'Open du Cap d'Agde (j'y reviendrais).

J'ai cependant suivi les magnifiques performances de Celtic, de D8 et plus récemment celles de Stefal.

J'ai joué un peu online, mais j'ai ralenti la cadence, je dois dire que je me réservais pour les mini Ftops. Néanmoins, j'ai réalisé coup sur coup trois tables finales sur le 2 rebuy le 5.5$ et 3.3$ sur Full Tilt pendant les vacances, ce qui a fait énormément de bien à ma bankroll. Comme quoi on joue mieux reposé. En attendant, je grinde les Heads-up Sit&Goes à 5 et 10$ où j'ai un Roi dépassant les 85%.

En ce qui concerne les Ftops, j'ai fait l'event 1 mais j'échouerai avant la bulle, ayant été déconnecté pendant une grosse demi-heure (sick). J'ai aussi cavé un copain sur ce tournoi et short, il perdra quelques 200 places avant la bulle sur un bon vieux 70/30 en bataille de blindes. Dimanche, je jouerai l'event 10 et la semaine prochaine, quasiment tous les events en NLH notamment le Heads-up.

Mon prochain article concernera ma qualification pour les quarts de finale EPEC sur Paris le 27/28 Mars grâce à Everest Poker et l'école française de Poker, un live super sympa entre potes (10 rebuy) où j'ai quelques mains assez hallucinantes dont je dois vous faire part. Je vous ferai aussi part de mon point de vue de ma rencontre avec Gainternet.

Pokeristiquement

Bluff_Daddy





mardi 26 janvier 2010

Swing du nul





Comme promis, voici mon premier compte-rendu après presque une semaine de découverte d'Everest Poker. Et bien, pour faire court, le bilan est mitigé. J'ai reçu jeudi dernier le virement de Pokerstrategy de 50 $, et j'ai commencé à jouer le jour même.

Après 3800 mains en cash game et 23 tournois, ma bankroll affiche un solde de 54 maigres dollars (mes tournois ayant compensé mes petites pertes en cash game).

Comme je suis encore un joueur cherche encore sa variante, j'ai préféré commencer par faire un peu de cash game (à mon sens EV+ et plus agréable que les SnG) pour faire grimper (et descendre) ma bankroll, et les tournois et sit & goes pour compenser les pertes (car je sais qu'aux basses limites, je n'ai pas trop de mal sur les formats turbo 18 joueurs, les Double Up et les Triple Up 6-handed (6 ou 18 joueurs).

Au départ, je dois l'avouer, j'avais prévu de jouer en respectant au pied de la lettre les règles qui prônent une gestion de bankroll saine. Mais à vrai dire, j'ai beaucoup de mal à trouver la NL2 excitante ( même si elle est peuplée de fishs et qu'il est facile d'y grinder), et cela pour deux raisons :
- on ne peut caver qu'à 2 euros maximum (pas de table deep comme sur PS) et j'ai tendance à aimer être cavé deep (parce que oui, ça ne me dérange pas de payer pour aller chercher un tirage pour craquer les as)
- les joueurs ne connaissent qu'un bouton sur lequel cliquer (invention brillantissîme d'everest pour générer du rake, cela dit) le bouton "miser le pot". Chose qui est tendancieusement déconcertante.

C'est pourquoi après quelques 800 mains (confère graphique), j'ai décidé de monter un cran au dessus pour aller jeter un coup d'oeil du côté de la NL10. Mes débuts ont été tonitruants, car j'ai réussi à monter ma bankroll jusqu'à 110 $ et des poussières.
Et là, ça a été le drame. Je n'arrive pas à dire si j'ai mal joué ou si j'ai eu un petit bad run, sûrement les deux, mais je dois dire que ça m'a fait assez mal. J'ai perdu 4 ou 5 caves de suite sur des coups idiots (mal joués de ma part alors que j'étais 100 fois devant au flop, et que je n'ai rien vu venir), et deux trois bad beats.

Swing du Nul?

J'ai compensé tant bien que mal les pertes en faisant des SnG. C'est bigrement efficace, mais je trouve ça emmerdant au possible. Après ma remise en question au niveau du cash game, j'ai téléchargé la version gratuite 60 jours de poker tracker, et essayé d'analyser mon jeu ce week-end. Désormais, je peux dire que ça revient doucement mais sûrement en NL10, j'ai effectivement pas mal de lacunes à combler mais je crois que je fais des moves en général correct (même si je joue très loose agressif).

Pour l'anecdote, j'ai gagné un semi-freeroll (25 Points Summits de Buy-in) en PL Omaha, et ça m'a fait assez plaisir de voir que même sur cette variante, j'arriver à tirer mon épingle du jeu (même si 15 $ pour le gagnant, ça n'est pas le Pérou). J'ai même touché une quinte flush royale à pique durant le tournoi.

La question reste pour autant entière. Dois-je redescendre de limite, ou dois-je m'accrocher en NL10? Je sens que j'ai le niveau et que mon downswing était dû à la malchance (je perds deux gros pots ou je suis cavé à 25 $ sur les tables deep). Je suis parfaitement conscient que je joue très dangereusement avec ma bankroll, même si je compense toujours mes pertes avec les SnG. A ma décharge, je dois dire qu'en jouant à ce rythme j'ai déjà généré pas mal de points Summits sur Everest qui j'imagine, résulteront sur du rake (d'ailleurs, j'ai rien pigé à leur système de rake, quelqu'un d'avisé pourrait t'il m'éclairer?).

Il est clair que si j'écoute Gimini Cricket je dois faire des SnG et grinder comme un bon vieux robot pour faire grimper ma bankroll, et ensuite m'installer en NL10 quand j'aurait les fonds nécessaires pour supporter les downswings (d'autant plus que mon style de jeu est très loose), mais c'est une simple question de plaisir. Le cash m'amuse, et j'aime y jouer, les SnG non.
J'attends vos conseils, vos avis, vos expertises.


Bonus : quelques mains à discuter, qui m'ont amusées, plus ou moins.

En heads-up NL10 : je joue contre un joueur qui m'a mis un sale coup dès le début de la partie, et m'a fait redescendre à 4$. Je remonte tant bien que mal à ma somme de départ et reçoit les magnifiques flèches en SB, d'autant plus magnifiques que mon acolyte a fait un sublime 4bet, que je m'empresse de minraiser pour qu'il pousse tapis, ce qui fait sans rechigner, je call. Messieur montre les barbus.

Voici le board :
6h Tc Qc Qh Kc

"You loose".. Ouch, ça m'a fait assez mal sur le coup, je dois dire.


En NL10 6-handed. Nous sommes quatre à la table. J'ai monté un stack assez correct (17,86 $), notamment en déstackant un gros vilain super loose mais pas mauvais, avec les barbus contre ses dames. Ce même vilain, ayant soif de vengeance, est resté à table a doublé rapidement contre un autre joueur en floppant une flush max à l'as contre une flush au roi. Il me couvrait donc de peu. J'ouvre une sublime paire de 2 au bouton que je relance à 0.45$, le vilain paye, comme d'habitude (il veut voir le flop systématiquement, sauf si deux joueurs partent à tapis prefop).

Flop : 3c 8s 6c

Il checke, je fait un Cb classique, que le vilain reraise à 1,5$. Oups, il a quoi A8, 78, 68, 33, 66, 88, du trèfle ?? J'insta call sans trop réfléchir dans l'optique de le bluffer avec n'importe quelle carte au turn, car Monsieur abuse de la raise à outrance, même avec des poubelles indicibles.

Turn : 2s

Magic card !! Bingo, à moins que le vilain ait déjà un set, mais j'en doute fort, car il m'aurait reraisé preflop avec sa petite paire (sisi, même les deux), comme il faisait tout le temps. Vilain ouvre donc au pot 4,5$. J'ai assez mal à la tête, je dois dire, mais je le vois bluffer depuis déjà une demi-heure avec ses donk bets et je décide de saisir ma chance en poussant mes derniers dollars au milieu de la table. Vilain insta call et retourne 99 (il aurait pu me croire non, je trouve ça light comme move). Pas le temps de dire ouf, que la river me crucifiera avec un joli 9c.

Terminé. "You loose".

Il y en a eu d'autres, mais ces deux là ce sont enchaînés en l'espace de 5 minutes. Ni une ni deux, j'ai éteint doucement l'ordinateur et je suis allé m'en griller une.
Sinon, pas de coup monstrueux à raconter, sauf peut être un carré d'as floppé en NL10 où je ramasse les blindes avec A2 (sick), et un coup horrible tout à l'heure, mais en ma faveur. Je craque KK (en SB) avec Q3 en BB (en même temps il ne relance pas preflop et je touche double paire au flop puis full au turn), et prend 10,56$ sur le coup. Au passage, j'ai vu des livraisons monstrueuses en NL10, inimaginables sur PS, et quelques bad beats à ne pas piquer des hannetons, du genre K5 en bataille de blindes en NL10 qui pousse tapis à 15$, payé par les as et touche K55 au flop...


Bonne lecture


Bluff Daddy


**Swing du nul, chanson composée par Sanseverino, dans l'album Le Tango des Gens (2004). Entre parenthèses, je recommande fortement d'écouter au moins une quinzaine de fois la discographie de Sanseverino avant de mourir (et donc de finir idiot), et d'aller le voir en live.



mercredi 20 janvier 2010

Petit poisson deviendra grand


Magnifique brochet pris par un de mes compères pêcheurs en Irlande, eldorado de tout pêcheur et de certains blogueurs, si j'ai bien saisi. Telles une grosse performance dans un tournoi, la prise record d'un fils de l'eau reste gravé dans les mémoires.

Sur mon dernier billet, je vous présentais toutes mes excuses pour mon comportement indigne de lecteur de l'ombre. Maintenant que c'est chose faîte, laissez moi m'introduire.

Qui suis-je? Difficile de faire court, à défaut, j'essaierais d'être concis. Aujourd'hui, j'ai 20 ans, je suis étudiant à la faculté, et vis à Bordeaux. Le poker prend au jour d'aujourd'hui une place conséquente dans ma vie, il est vrai, mais il n'a jamais pris le pas sur mes autres passions. J'aime les sports en tout genre (mais je préfère le rugby et le football), j'aime beaucoup le cinéma et le théâtre (notamment l'improvisation), le vin (rouge) et la (bonne) cuisine. Mais mon véritable dada, je dois le dire, est la pêche (voir plus bas).

D'un point de vue strictement pokéristique, je suis joueur de poker assidu depuis presque déjà 2 ans et demi, j'ai découvert le poker un soir de décembre 1999, le dernier mois avant la circulation des euros, d'autant que je me souvienne. Mon père et mes deux oncles ont tant bien que mal essayé de m'enseigner les subtilités du poker classique (aussi appelé draw, si je ne m'abuse), mais au bout d'une demie-heure, trop flambeur et surtout ne comprenant pas grand chose, j'imagine, j'avais dû reprendre une nouvelle cave (d'allumettes).

J'avais mordu à l'hameçon, il était trop tard pour faire machine arrière. Néanmoins, je n'ai pas été convié à la partie où les adultes jouaient avec "du vrai argent". J'avais été impressionné par la quantité de pièces de francs présentes sur la table, je m'en souviens bien. J'étais déjà prêt à investir tout mon argent de poche.

Plus tard, mon père m'enseigna les rudiments de l'omaha et je découvris le texas hold'em tout seul, en passant à proximité d'un troquet de la belle ville de Nantes, où s'organisaient régulièrement des parties. De fil en aiguille, j'ai commencé par participer à ces parties (qui étaient des freeroll hebdomadaires), puis j'ai fini par aider à en organiser, j'avais contracté le virus du gambler. A côté de cela, j'ai fait assez régulièrement des parties avec des amis, et j'ai craqué à la tentation du casino.

Bizarrement pour quelqu'un de mon âge, j'ai mis assez longtemps à me mettre au poker sur internet. J'ai tout de suite commencé sur Pokerstars, et j'ai très longtemps joué participé à des freerolls avant de faire mon premier dépôt. J'ai mis du temps à prendre goût au poker sur internet, trouvant que le live a une toute autre saveur. Désormais, j'organise des parties régulièrement dans les bars de Bordeaux.

Je dois bien me l'avouer, j'ai toujours eu beaucoup de mal sur internet, malgré plusieurs dépôts, je n'ai jamais réussi à faire grimper ma bankroll, qui inéluctablement fondait malgré mes efforts. Il faut dire qu'en déposant seulement par tranche de dix euros, ça reste difficile. Je pense pouvoir dire que je suis un joueur gagnant en live, je pense avoir un bon bagage poker, d'un point de vue de temps de jeu comme technique, mais je n'y arrive pas sur internet. Et pourtant, j'y ai pris goût. J'ai fini par découvrir qu'il y avait tout le matériel nécessaire sur la toile pour devenir un joueur gagnant, et prendre du plaisir en jouant plutôt qu'en insultant sa machine et les dieux du poker qui vous donnent une river assassine.

J'ai donc décidé, il y a peu, de me créer un compte sur Everest, en profitant de l'offre du site Pokerstrategy. La suite sous peu, pour mes débuts de grindage intensif (je continuerai à jouer les freerolls sur Pokerstars, et si mon expérience sur Everest s'avère être un échec, je recommencerai sur ma room de départ avec un petit dépôt).

Petit poisson deviendra grand*

Pour parler encore un peu de moi, j'ai réalisé il y a peu, un étrange parallèle entre une de mes grandes passions et le poker : la pêche. Passés outre le lexique commun (rivière, fish...), la dynamique d'une sortie (ou session) de pêche s'apparente en bien des points à une session de poker.

Arrivé à la table où au bord de l'eau, il y a toujours un temps d'adaptation nécessaire (celui où on lâche ses blindes plus facilement, et où le pêcheur ne dépliera pas encore sa gaule) pour saisir certains paramètres. Si le temps est orageux, si l'eau est teintée, s'il y a des gobages, une légère houle, un vent d'est (très mauvais pour la pêche, ceci dit), ou si la table est détendue/tendue, animée, ou si au contraire on entend seulement les mouches voler et le cliquetis des jetons, le joueur comme le pêcheur auront à s'adapter.
Ces paramètres sont indispensables dans les deux cas, chacun doit savoir les prendre en compte, je pense.
Quel leurre choisir, pêcher à vue, mi-fond, animer de manière lente ou agressive seront les préoccupations du pêcheur ; le joueur, quant à lui, enregistrera soigneusement des informations précieuses : le jeune étudiant au budget serré (regarder les vêtements, je vous assure, ça s'avère souvent vrai), le regular qui connaît tout le monde, le vieux monsieur qui connaît à peine les règles, et le chipleader qui a écrasé la table pendant deux heures déjà. Il sélectionne d'avance ses proies de manière à éviter les accidents et d'être chassé à son tour.

La dynamique est la même dans la mesure ou l'expérience joue beaucoup, je pense. Le joueur tout neuf sûr de son poker qui touchera horreur sur horreur pour faire gonfler son stack finira par s'empaler sur un bluff miteux. Le jeune pêcheur novice, quant à lui, prendra par chance un brochet affamé lors de sa première session puis enchaînera les bredouilles les dix prochaines fois. On appellera cela des épiphénomènes (ou comment justifier la victoire du fish à ses dépends, ceci dit, je trouve cela plus élégant que "il a chatté ce fish, cette room est rigged, j'arrête le poker")

Le pêcheur, comme le joueur, se créent eux-mêmes les conditions optimales pour faire des sessions agréables, c'est une question d'expérience et d'opportunisme. Ainsi, le facteur chance ne devient plus nécessaire. Il n'est pas réduit à néant, mais il fait office de bonus, disons. Le pêcheur arrive à faire sortir de sa tanière le carnassier déjà gavé en provoquant un réflexe agressif, le joueur profite des erreurs du fish ou du tilt du joueur moyen dans sa limite pour doubler, voire tripler son stack.

Maintenant que les présentations sont faîtes, vous aurez droit à mes comptes-rendus qui j'espère, seront réguliers.

Bonne lecture, ô toi, pêcheur !

Bluff Daddy


* Sentence issue d'un poème de Jean de la Fontaine à méditer, le petit Poisson et le Pêcheur.

Petit poisson deviendra grand
Pourvu que Dieu lui prête vie;
Mais le lâcher en attendant,
Je tiens pour moi que c'est folie :
Car de le rattraper il n'est pas trop certain

Un carpeau, qui n'était encore que fretin,
Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière.
«Tout fait nombre, dit l'homme en voyant son butin;
Voilà commencement de chère et de festin :
Mettons-le en notre gibecière.»
Le pauvre carpillon lui dit en sa manière :
«Que ferez-vous de moi ? Je ne saurais fournir
Au plus qu'une demi-bouchée.
Laissez-moi carpe devenir :
Je serai par vous repêchée;
Quelque gros partisan m'achètera bien cher :
Au lieu qu'il vous en faut chercher
Peut-être encor cent de ma taille
Pour faire un plat. Quel plat ? croyez-moi, rien qui vaille.
- Rien qui vaille ? Eh bien ! soit, repartit le pêcheur :
Poisson, mon bel ami, qui faites le prêcheur,
Vous irez dans la poêle; et vous avez beau dire,
Dès ce soir on vous fera frire .»

Un Tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l'auras;
L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.

dimanche 17 janvier 2010

Toutes mes confuses

Lecteur assidu de la blogosphère poker francophone depuis presque une année désormais, j'ai choisi de me jeter dans le grand bain (un fish doit prendre l'eau a un moment ou un autre, il en dépend de sa survie, vous en conviendrez).

Les articles techniques d'Eric Larchevêque (qui me manquent personnellement mais surtout cruellement), la plume finement aiguisée de Stefal, la verve de Celtic Touch, la surmotivation de Xewod ou encore le sens de la formule de Rincevent (et j'en oublie des dizaines de milliers), m'ont souvent redonné le sourire lors des soirées où l'on ferme sa room favorite un peu plus tôt que prévu, par dépit, dégoût, ou tristesse. Ces articles, m'ont fait rêver et m'ont donné cette motivation, comme le pêcheur qui enchaîne les bredouilles mais qui se lève le lendemain à l'aube avec le même espoir qu'au premier jour (je suis doublement concerné par cette comparaison, j'y reviendrai).

Il faut l'avouer, et j'en ai honte, j'ai été un lecteur de l'ombre, profitant du travail de sape des blogueurs acharnés sans jamais commenter, remercier, ni même me manifester. Pour ma défense, je dois dire que j'ai orienté quelques uns de mes amis joueurs vers ces blogs, et que j'ai su, à chaque fois, apprécier les écrits de chacun à leur juste valeur.

Toutes mes confuses * (voir à 1:31)

Ainsi, la question pour moi de faire un blog est remontée à la surface. Je dois dire que j'ai toujours voulu croire qu'on écrivait avant tout pour se montrer, se faire connaître. J'ai sûrement été influencé dans mon adolescence par les skyblogs rose bonbon des collégiennes, qui étaient, en réalité bien ternes.

Chaque écrivain, j'imagine, écrit pour partager, ou/et pour mieux connaître son sujet, peut être pour laisser une trace, inconsciemment pour se faire aimer, mais je suis profondément convaincu qu'écrire est une chose que l'on fait avant tout pour soi.

Je me suis aussi rendu compte que la plupart des blogueurs dénotaient une évolution certaine de leur propre jeu au poker au fil des billets postés sur leurs différents blogs, et je n'ai pu que constater que l'émulation produite par les demandes de commentaires sur telle ou telle main jouée, par les bons plans partagés, etc... n'ont sont que prolifiques pour le jeu de chacun.

Si je commence ce blog aujourd'hui, c'est avant tout pour moi, mais je serais assez vexé de ne pas être lu. J'essaierai donc de poster assez régulièrement, de faire quelques comptes rendus de tournois, de donner quelques conseils, à mon petit niveau, et ainsi, d'essayer de me faire une petite place dans la blogosphère poker francophone.

Puisqu’un blog est fait pour partager, je ne peux que vous transmettre mon amour du sens de la formule et ma manie de répertorier les citations saugrenues mais drôles à mon sens. Ainsi j’essaierai, dans chacun de mes billets, à la manière stefalienne, ou encore celle de Pokerfred, d’insérer une citation méconnue du grand public.

Bienvenue à toi, cher lecteur !

Bluff Daddy



* Toutes mes confuses : contraction de l’expression « Je vous présente toutes mes confuses », chère à Monsieur Prescovick (joué par Bruno Moynot) dans le Père Noël est une Ordure, adaptation de la pièce de la troupe du Splendide.